Le travail au rucher

J’ai beaucoup de chance, je vis et travaille dans un super département : les Hautes-Alpes, presque le paradis sur terre ! De beaux paysages, bien sûr, mais surtout une qualité de vie et de lumière exceptionnelles !

J’ai trois ruchers qui me permettent de produire du miel et de la gelée royale. Trés différents les uns des autres, ils ont chacun leurs atouts : ensoleillement, proximité, côté pratique … les trois sont agréables et permettent de travailler dans de bonnes conditions !

J’ai une Bee-mobile aménagée par Pascal, mon compagnon, qui est une alliée précieuse !

Un environnement préservé avec une diversité florale incroyable !

quelques images sur les fruitiers ce printemps 2020

la récupération d’essaim peut être une activité périlleuse ! Ici chez nos amis et voisins de la ferme de Chabrières (maraichers et producteurs d’oeufs)

c’est parfois plus tranquille, dans le rucher à hauteur d’homme (de femme)

Le miel ! Quelle merveille !

« Le miel est une substance sucrée élaborée par les abeilles à miel à partir de nectar ou de miellat » ! ça c’est la définition officielle ! mais on est bien d’accord, c’est beaucoup plus que cela ! les abeilles y rajoutent des tas de bonnes choses qui font de chaque miel un produit unique !

J’ai fait le choix de ne pas transhumer ! non pas que ce soit fatiguant (si un peu tout de même) mais surtout par ce que je n’aime pas savoir mes abeilles loin et que par les temps qui courent le vol de ruches se multiplie ! je pense également que nos abeilles domestiques sont bien gentilles de se laisser déplacer au fil de la saison et des floraisons sans rien dire … mais s’il ya a de la nourriture en suffisance quelque part, je suis intimement persuadée qu’elles se portent mieux à rester sur place !

Un miel de montagne est prélevé en fin de saison à l’aide de chasse-abeilles, ne subit aucune transformation, à part l’extraction par centrifugation et la mise en pot !

J’extraie les ruchers séparément, et bien que ceux ci ne sont pas trés éloigné il est fou de constater que les miels sont très différents ! On goûte à travers le miel du paysage ; ça me fascine ! On mange le territoire ! Merci, chères abeilles, de nous permettre ça !

La gelée royale

Super-aliment, la gelée royale est réputée pour soutenir les défenses immunitaires, prise en cure d’une dizaine de jours aux changements de saison et quand le besoin s’en fait ressentir (coup de fatigue, examen, …).

Contrairement au miel, ce n’est pas bon !

A quoi ça sert dans la ruche : à nourrir la reine pendant toute sa vie et les larves (abeilles et faux bourdons-mâles) pendant les 3 premiers jours de leur vie. Pendant ces trois jours de nourrissement intensif, les larves grossissent à une vitesse incroyable : leur poids est multiplié par 1 000 ! !

Quand on sait qu’une abeille et une reine sont issues toutes les deux d’un oeuf fécondé et que la différence (taille, morphologie, fonction, durée de vie, …) est due uniquement à la nourriture… ça laisse rêveur ! J’avoue que depuis que je m’occupe d’abeille je fais encore plus attention à ce que je mange !!!

Qui la fabrique ? Ce sont les ouvrières « nourrices » qui ont le secret de la composition de la gelée royale !

C’est un mélange des sécrétions des nourrices fabriqué à partir de pollen (protéines) et de nectar (sucres) récoltés par les butineuses sur les fleurs.

A noter que contrairement au miel et au pollen, la gelée royale n’est pas stockée dans la ruche ! Elle est fabriqué « à la demande », c’est en quelque sorte un « lait » d’abeille.

Quelle est sa composition ? Par sa composition très complète, la gelée royale apporte tous les éléments nutritifs nécessaires à la croissance des larves et à l’équilibre de la reine :

  • de l’eau d’abord (entre 60 et 70 %),
  • des sucres ensuite (9-23 %)
  • des protides (10-18 %) dont une grande partie d’acides aminés,
  • des lipides (4-8 %).
  • du 10-HDA (acide 10-hydroxy-2-décénoïque) est un acide gras spécifique de la gelée royale.

La gelée royale comporte bien sûr de nombreuses vitamines: B1, B2, B3, acide folique, B5, B6, H ainsi que de faibles quantités de vitamines A, B, D, E.

Elle compte aussi des substances minérales et des oligo-éléments : calcium, magnésium, potassium, sodium et zinc entre autres. 

Comment la récolte t’on ?

Pour que les abeilles produisent en quantité de la gelée royale et qu’elle soit « récoltable » il faut que celles-ci pensent que la ruche est orpheline (qu’elle n’a plus de reine). Pour ce faire « il suffit » de partitionner la ruche en mettant une grille à reine (qui laisse passer les abeilles et pas la reine) ici sur la photo entre deux éléments. Les abeilles qui se trouvent dans le compartiment sans la reine vont penser qu’elles sont orphelines et construire des cellules royales pour remplacer celle-ci ! Les cellules royales sont les chambres à reine ! Les nourrices déposent au fond de la cellule, sous la larve, un copieux matelas de gelée royale pour que celle ci ne manque de rien pendant la phase dite operculée pendant laquelle la larves se développe et qu’elle effectuera sa nymphose pour se transformer en insecte parfait (16 jours).

Le tour de passe-passe est que l’on va « leur faciliter la tâche » en leur donnant des larves à élever ! Larves que l’on aura préalablement prises sur un cadre et que l’on aura « greffées » délicatement dans des petites cupules sur une barrette que l’on donnera à « élever » aux abeilles … Trois jours après on récupérera la barrette pour en extraire la gelée après avoir délicatement enlevé la larve sans la blesser pour ne pas « souiller » la gelée ! Pourquoi trois jours ? c’est le meilleur ratio taille de la larve / coussin de gelée ! Et oui, c’est pas vegan !

C’est technique la gelée … ce qui explique aussi le prix !

Dites-moi si vous comprenez, sinon j’essayerai de reformuler !

Parfois lorsqu’on doit aller récolter … il pleut ! Petit dispositif pour protéger les abeilles ! L’apicultrice se mouille, elle ! Car si on ne récolte pas … on met une belle pagaille en élevant des dizaines de reines ! ce qui peut être bien… mais là ce n’est pas le but !

La gelée se conserve au réfrigérateur et doit être consommée rapidement aprés ouverture !

Autour de la Ruche

En 2021, une nouvelle aventure commence !

Après 25 ans passés au service de la culture et de l’éducation artistique, la création d’une activité apicole en 2012 et l’envie pleine et entière de gérer mon emploi du temps tout en proposant mes compétences, acquises au fil des années, je fais le choix d’intégrer la coopérative Mosaïque, une alternative intéressante à l’emploi tel qu’il est proposé actuellement.

En effet, mon activité apicole est nécessairement saisonnière, ce qui implique des périodes de forte activité (avril à septembre) et des périodes de plus faible activité (octobre à mars).

Ce nouveau statut me permet de réunir toutes les activités que je fais en une seule !

  • petits travaux de communication et de mise en page assistée par ordinateur
  • possibilité développer des médiations autour des abeilles et de la culture,
  • responsable de la bibliothèque de la maison d’arrêt de Gap
  • possibilité également développer un atelier de culture et de cueillette de plantes…

demander un devis ici

la coopérative Mosaïque ici

quelques réalisations ici

Je suis titulaire d’un CAPE auprès de la société coopérative Mosaïque (22/03/21 au 21/03/22)

Qui suis-je ?

Issue de la « grande famille du spectacle vivant », je me suis piquée aux joies de l’apiculture alors que je travaillais à la Scène nationale de Cavaillon (qui ne s’appelait pas encore La Garance … )

Aprés plus de 30 ans passés au service des artistes, j’ai décidé en 2019 de me consacrer plus spécifiquement aux abeilles, tout en conservant des activités à côté … vous m’avez peut-être croisée récemment au salon de « Thé pas chez mémé » ou lors d’une des réunion d’Ambitions pour Gap, lors de la campagne pour les municipales à Gap. J’anime également un atelier bibliothèque à la Maison d’arrêt de Gap et suis bénévole pour le projet Compost’Alpes mené par la SAPN, je collecte des bio déchets dans les restos de Gap partenaires !

Comment m’est venue la passion des abeilles ? En fait, il y avait un spectateur un peu spécial à Cavaillon, qui après les spectacles et avoir passé un petit peu de temps au bar du théâtre s’éclipsait pour aller TRANSHUMER ! Mais que pouvait-il transhumer au milieu de la nuit ! Il s’agissait de Didier apiculteur-rêveur qui m’a appris les bases et m’a réellement accompagnée dans l’apprentissage de la maitrise de l’art de prendre soin des abeilles.

Puis il y a eu la première ruche, j’avais quitté le Vaucluse pour les Hautes-Alpes et je me demandais ce que j’allais bien pouvoir inventer pour rester dans ce trés chouette département : l’apiculture !

Enfin les 3 premières ruches, car selon Didier « n’avoir qu’une ruche c’est vraiment risquer de se dégouter de l’apiculture avant d’avoir commencé !« . La chance du débutant, cette année là pas d’acacias, mais du châtaignier en pagaille !!! Comme je me trouvais entre deux emplois, je profitais d’un CIF (congés individuel de formation) pour me former en apiculture : petite formation à distance avec le CFPPA de Vesoul, puis en avant pour le BPREA passé à l’ADFPA de Gap qui était en lien avec le trés réputé CFPPA d’Hyères pour la partie apicole, les cours du rucher école du Syndicat « l’apiculture alpine » ! Une année à me former, faire des stages, rencontrer des apiculteurs, … passionnant ! Une autre belle rencontre avec Aline, productrice de gelée royale qui m’a engagée sur la voie de cette production incroyable !

Et la culture a, à nouveau, fait appel à moi : poste de chargée de communication et de développement des publics au festival de Chaillol ! SUPER, inespéré un mi-temps qui permettait de concilier l’amour des abeilles et l’attachement aux artistes et à la création. Le festival a grandi et un temps partiel ne correspondait plus… départ pour une autre vie en septembre 2018. Formation en plantes aromatiques et médicinales pour comprendre un peu mieux ce que butinent mes abeilles ; passage par la Cinémathèque de Montagne (je vous invite d’ailleurs à consulter les parcours thématiques que j’ai choisis pour vous parmi les 70 disponibles > ICI !)

Et voilà, nous y sommes ! j’ai presque 50 ans ! et je suis ravie que cette activité prenne une place de plus en plus importante dans ma vie !

  • un article de Gabriel Nal dans L’Espace Alpin – février 2018> ICI
  • un article d’Alexie Valois dans La France Agricole – juillet 2018 > ICI
  • un article dans ELLE – septembre 2015 > ICI